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Règle 40 % actionnaire exempt AE : comment fonctionne-t-elle au Canada ?

En vertu de la règle 40 % actionnaire exempt AE, détenir plus de 40 % des actions avec droit de vote d'une société signifie que votre salaire n'est pas un emploi assurable. Ni vous ni votre société n'avez à verser de cotisations d'assurance-emploi, mais vous ne pouvez pas non plus réclamer de prestations.

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Hadri LawJuly 14, 20265 min read

En vertu de l'alinéa 5(2)b) de la Loi sur l'assurance-emploi (la "LAE"), l'actionnaire-employé qui contrôle plus de 40 % des actions avec droit de vote d'une société est automatiquement exclu de l'emploi assurable. Cette règle 40 % actionnaire exempt AE signifie que ni l'actionnaire ni la société ne versent de cotisations d'AE sur ce salaire, mais la contrepartie est que l'actionnaire ne peut pas non plus réclamer de prestations d'assurance-emploi.

Si vous êtes propriétaire d'une entreprise constituée en société et que vous vous versez un salaire, cette seule règle pourrait signifier que vous avez prélevé des cotisations d'assurance-emploi que vous ne deviez pas. De nombreux propriétaires-exploitants ignorent l'existence du seuil de 40 % jusqu'à ce qu'un comptable ou un avocat le leur signale, souvent après des années de retenues inutiles. Cet article explique précisément le fonctionnement de la règle, la règle distincte sur les liens de dépendance qui touche les entreprises familiales, pourquoi le RPC s'applique toujours, et ce que vous pouvez faire si vous avez versé des cotisations par erreur.

Qu'est-ce que l'emploi assurable ?

Les cotisations d'AE ne sont exigées que sur ce que la loi appelle l'« emploi assurable ». La plupart des emplois au Canada entrent dans cette catégorie. Les cotisations d'AE sont prélevées sur le salaire de l'employé et complétées par la part de l'employeur; en échange, l'employé accumule le droit aux prestations d'AE s'il perd son emploi ou prend un congé admissible.

La Loi sur l'assurance-emploi énumère également des catégories d'emploi spécifiquement exclues, c'est-à-dire pour lesquelles aucune cotisation n'est due et aucune prestation ne s'accumule. La règle applicable aux actionnaires détenant plus de 40 % des droits de vote est l'une de ces catégories exclues. Lorsque des propriétaires d'entreprise posent la question "les actionnaires paient-ils l'AE au Canada ?", la réponse honnête est que cela dépend entièrement du niveau de contrôle qu'ils exercent sur les droits de vote et de leur lien avec les personnes qui contrôlent la société. L'Agence du revenu du Canada (ARC) administre les règles permettant de déterminer si un emploi donné est ouvrant droit à pension au titre du RPC et assurable pour l'AE.

La règle 40 % actionnaire exempt AE : l'alinéa 5(2)b) expliqué

La règle de base est brève. L'alinéa 5(2)b) de la Loi sur l'assurance-emploi exclut de l'emploi assurable :

"l'emploi d'une personne par une corporation si cette personne contrôle plus de 40 % des actions avec droit de vote de la corporation."

En termes simples, si vous détenez plus de 40 % des actions avec droit de vote de la société qui vous emploie, votre emploi au sein de cette société n'est tout simplement pas assurable. Quelques précisions sont ici déterminantes.

Le seuil est strictement supérieur à 40 %. Une personne qui détient exactement 40 % des actions avec droit de vote n'est pas exemptée. Elle demeure dans l'emploi assurable et les cotisations d'AE doivent être versées. L'exemption AE pour actionnaire majoritaire ne s'applique qu'au-delà du seuil de 40 %.

Le critère porte sur les actions avec droit de vote, non sur le total des actions ni sur la valeur économique. Les actions privilégiées sans droit de vote ne comptent pas dans le calcul du seuil. Un actionnaire pourrait détenir un intérêt économique important par le biais d'actions sans droit de vote et demeurer en dessous du seuil de 40 % en matière de droits de vote, ce qui le placerait toujours dans l'emploi assurable pour l'AE. C'est le contrôle des droits de vote que vise la loi.

La règle s'applique automatiquement. Il n'y a pas de demande à déposer, pas de formulaire à remplir, et aucun pouvoir discrétionnaire ministériel. Si plus de 40 % du contrôle des droits de vote existe, la règle 40 % actionnaire exempt AE s'applique d'elle-même. Ni la société ni l'actionnaire ne doivent de cotisations d'AE sur ce salaire.

Un exemple simple permet de clarifier les choses. Jeanne détient 60 % des actions avec droit de vote de sa société et se verse un salaire. Son salaire n'est pas un emploi assurable pour l'AE, de sorte que ni Jeanne ni sa société ne doivent de cotisations d'AE à ce titre. Comparez avec Thomas, qui détient 35 % des actions avec droit de vote de son employeur. Thomas n'est pas visé par l'alinéa 5(2)b). En l'absence d'une autre exclusion, son emploi est assurable et les cotisations d'AE doivent être prélevées et versées comme d'habitude.

La contrepartie : pas de cotisations, pas de prestations

Ne pas verser de cotisations d'AE semble avantageux du point de vue des liquidités, et ça l'est. Mais la règle joue dans les deux sens. Comme l'emploi n'est pas assurable, l'actionnaire-employé ne peut pas toucher de prestations d'AE. Cela comprend les prestations régulières de chômage, les prestations de maternité et parentales, les prestations de maladie, les prestations de soins de compassion et les prestations pour proches aidants.

Ce point importe surtout pour les propriétaires-exploitants qui supposent discrètement que l'AE servira de filet de sécurité si l'entreprise ferme ou s'ils ont besoin d'un congé prolongé. En vertu de la règle 40 % actionnaire exempt AE, ce filet n'existe pas, car aucun emploi assurable n'a jamais été créé.

Il existe une solution partielle. Les travailleurs autonomes et les actionnaires exclus peuvent s'inscrire volontairement auprès de la Commission de l'assurance-emploi du Canada, par l'entremise de Service Canada, pour accéder aux prestations spéciales d'AE. S'ils choisissent cette option, ils doivent généralement verser des cotisations pendant au moins 12 mois avant de présenter une demande, ils paient uniquement la part de l'employé plutôt que les deux portions, et ils ont accès uniquement aux prestations spéciales telles que les prestations de maternité, parentales, de maladie et de soins de compassion. Les prestations régulières de chômage ne sont pas accessibles par cette voie volontaire. Ce programme est administré par Service Canada plutôt que par l'ARC, et les conditions peuvent changer; vérifiez les exigences actuelles avant de vous y fier.

La règle sur les liens de dépendance : une exclusion distincte et réfutable

La règle du 40 % n'est pas la seule façon pour un travailleur lié à une société fermée de se retrouver hors de l'emploi assurable. Une deuxième règle, qui se chevauche souvent avec la première, porte sur l'emploi sans lien de dépendance aux fins de l'AE, et il est facile de confondre les deux.

En vertu de l'alinéa 5(2)i) de la Loi sur l'assurance-emploi, l'emploi sans lien de dépendance est également exclu de l'emploi assurable, indépendamment de la détention d'actions. Le "lien de dépendance" suit la définition de la Loi de l'impôt sur le revenu (Canada), de sorte que les personnes liées par le sang, le mariage, l'union de fait ou l'adoption sont réputées ne pas traiter entre elles sans lien de dépendance, de même que certaines relations entre personnes morales. L'ARC applique ces concepts lorsqu'elle se prononce sur l'emploi d'un membre de la famille.

C'est là que les entreprises familiales se trompent souvent. Prenons un conjoint qui détient plus de 60 % des actions avec droit de vote et qui est donc déjà exempté en vertu de l'alinéa 5(2)b). Si ce propriétaire engage son partenaire, qui ne détient aucune action, le salaire du partenaire est tout de même visé, cette fois par la règle sur l'emploi sans lien de dépendance pour l'AE, parce que les deux personnes sont liées et traitent avec un lien de dépendance. Les deux exclusions fonctionnent de façon indépendante. Un actionnaire qui ne détient que 30 % des actions avec droit de vote, en dessous du seuil de 40 %, peut tout de même ne pas être en emploi assurable s'il est un membre de la famille de l'actionnaire majoritaire.

La différence importante est que l'exclusion pour lien de dépendance est réfutable, alors que la règle 40 % actionnaire exempt AE est absolue. Le paragraphe 5(3) de la Loi sur l'assurance-emploi confère au ministre du Revenu national le pouvoir discrétionnaire de déclarer assurable un emploi sans lien de dépendance. Si le ministre est convaincu que, eu égard à toutes les circonstances, notamment la rémunération versée, les conditions d'emploi et la durée de l'emploi ainsi que la nature et l'importance du travail accompli, il est raisonnable de conclure que les parties auraient conclu un contrat de travail sensiblement pareil si elles avaient été sans lien de dépendance, l'emploi peut être traité comme assurable.

En pratique, cela signifie qu'un véritable arrangement d'emploi familial peut se qualifier s'il ressemble à un vrai emploi : un salaire correspondant à la valeur marchande, des fonctions définies, des horaires réguliers et des conditions documentées. La règle du 40 %, en revanche, ne comporte pas de tel mécanisme de dérogation. Plus de 40 % du contrôle des droits de vote signifie emploi non assurable, point final. Si votre structure de participation et vos liens familiaux sont complexes, c'est précisément le genre de question que nos avocats en droit des sociétés à Toronto et notre équipe fiscale examinent régulièrement avec les propriétaires-exploitants.

Le RPC s'applique toujours : la distinction fondamentale

Voici l'idée fausse qui coûte le plus en certitude : une exemption d'AE n'est pas une exemption de RPC. Le Régime de pensions du Canada ne comporte aucun équivalent de l'alinéa 5(2)b). Il n'existe pas de seuil de détention d'actions avec droit de vote qui retirerait un actionnaire-employé de l'emploi ouvrant droit à pension.

Si un actionnaire-employé se verse un salaire, ce salaire constitue un revenu d'emploi ouvrant droit à pension. Les cotisations au RPC sont dues par l'employé et par la société sur ce salaire, quel que soit le nombre d'actions avec droit de vote que détient le propriétaire. L'exclusion de l'emploi assurable pour l'AE ne change rien aux obligations en matière de RPC.

Les dividendes sont traités différemment. Les dividendes ne constituent pas un revenu d'emploi, de sorte qu'ils ne donnent pas lieu à des cotisations au RPC. C'est l'une des raisons structurelles pour lesquelles les propriétaires-exploitants réfléchissent attentivement à la façon dont ils se rémunèrent, car le salaire et les dividendes ont des conséquences différentes sur le plan de l'AE, du RPC, de l'impôt sur le revenu et de l'épargne-retraite. La combinaison appropriée pour un propriétaire d'entreprise peut être inadaptée pour un autre, et l'analyse va bien au-delà de l'AE et du RPC pour englober la planification fiscale, les droits de cotisation REER et la stratégie de retraite à long terme. Nous ne faisons pas de recommandation universelle ici. Si vous évaluez la question salaire contre dividendes, consultez nos avocats fiscalistes d'entreprise à Toronto avant de fixer votre rémunération pour l'année. Pour un aperçu plus large de la structuration de la propriété par le biais d'une entité holding, consultez notre guide sur la constitution d'une société de portefeuille en Ontario.

Que faire si des cotisations ont été prélevées par erreur ?

Les propriétaires-exploitants découvrent souvent la règle 40 % actionnaire exempt AE après des années de versement de cotisations d'AE sur un salaire qu'ils n'auraient jamais eu à assurer. La bonne nouvelle est que les cotisations payées en trop peuvent généralement être récupérées.

Lorsque des cotisations d'AE ont été prélevées par erreur parce que la société n'avait pas réalisé que l'exemption supérieure à 40 % s'appliquait, un remboursement des cotisations de l'employé payées en trop peut être réclamé dans la déclaration de revenus de la personne, généralement en déclarant le trop-payé au moment de produire la déclaration. Les remboursements sont généralement disponibles pour les trois dernières années d'imposition, et la part de l'employeur peut être récupérée à l'aide du formulaire PD24 (Demande de remboursement de cotisations au RPC déduites en trop ou de cotisations d'AE déduites en trop), donc agir rapidement est important. La société peut également être en mesure de récupérer la part de l'employeur des cotisations qu'elle a versées par erreur. Comme le mécanisme de remboursement et les délais dépendent des déclarations spécifiques en cause, il vaut la peine de confirmer la procédure correcte pour votre situation avec un professionnel de la fiscalité avant de produire votre déclaration.

Comment demander une décision de l'ARC : le formulaire CPT1

Lorsqu'il n'est pas clair si un emploi est assurable, le travailleur ou l'employeur peut demander à l'ARC de trancher. La demande est faite au moyen du formulaire CPT1, "Request for a CPP/EI Ruling - Employee or Self-Employed?" (Demande de décision sur l'assujettissement au RPC/à l'AE : employé ou travailleur autonome ?).

Une décision CPT1 règle les deux questions à la fois : si l'emploi est assurable pour l'AE et s'il est ouvrant droit à pension pour le RPC. Le travailleur, le payeur ou un représentant autorisé peut présenter une demande à l'ARC. L'ARC examine les faits pertinents de la relation de travail et rend une décision écrite. Cette décision lie les parties à moins qu'elle ne soit portée en appel dans le délai prescrit. Pour une société fermée dont la structure d'actionnariat et les liens familiaux se chevauchent, une décision CPT1 peut remplacer les conjectures par une réponse claire et documentée.

Une note sur le Québec

L'assurance-emploi est un programme fédéral, de sorte que les règles décrites ci-dessus s'appliquent de la même façon dans toutes les provinces. Le Québec est l'exception à signaler : il administre séparément le Régime québécois d'assurance parentale (RQAP) pour les prestations de maternité, de paternité, parentales et d'adoption. Les propriétaires-exploitants au Québec devraient traiter ce régime comme un cadre distinct. Cet article porte sur la Loi sur l'assurance-emploi fédérale et ne couvre pas les règles du RQAP.

Questions fréquentes

Les actionnaires doivent-ils payer l'AE au Canada ?

Pas nécessairement. Un actionnaire qui contrôle plus de 40 % des actions avec droit de vote d'une société est exclu de l'emploi assurable en vertu de l'alinéa 5(2)b) de la Loi sur l'assurance-emploi, de sorte qu'aucune cotisation d'AE n'est due sur ce salaire. Les actionnaires en dessous de ce seuil sont généralement en emploi assurable à moins qu'une autre exclusion ne s'applique, comme la règle sur les liens de dépendance.

Un propriétaire d'entreprise peut-il toucher l'AE au Canada ?

Pas sur un emploi exclu. Si votre emploi n'est pas assurable en raison de la règle 40 % actionnaire exempt AE, vous ne pouvez pas réclamer les prestations régulières d'AE. Vous pouvez toutefois vous inscrire volontairement auprès de Service Canada pour accéder aux prestations spéciales d'AE telles que les prestations de maternité, parentales, de maladie et de soins de compassion, sous réserve d'un délai d'attente et de conditions relatives aux cotisations.

L'emploi d'un conjoint dans une entreprise familiale est-il assurable pour l'AE ?

Souvent non, parce que l'emploi sans lien de dépendance est exclu en vertu de l'alinéa 5(2)i) de la Loi sur l'assurance-emploi. Toutefois, le paragraphe 5(3) permet au ministre de le déclarer assurable si les conditions ressemblent véritablement à ce que des parties sans lien de dépendance auraient convenu. La distinction entre un administrateur et un actionnaire peut également influer sur la façon dont le rôle d'un membre de la famille est caractérisé.

Paie-t-on le RPC si l'on est actionnaire ?

Oui. Le RPC ne comporte aucun équivalent de la règle 40 % actionnaire exempt AE. Le salaire versé à un actionnaire-employé constitue un revenu ouvrant droit à pension, de sorte que l'employé et la société doivent tous deux des cotisations au RPC, quel que soit le niveau de détention d'actions avec droit de vote. Les dividendes, en revanche, ne constituent pas un revenu d'emploi et ne donnent pas lieu à des cotisations au RPC.

Comment demander une décision de l'ARC sur l'assurabilité pour l'AE ?

Déposez le formulaire CPT1, "Request for a CPP/EI Ruling - Employee or Self-Employed?", auprès de l'ARC. Le travailleur ou l'employeur peut le soumettre. L'ARC examine les faits de la relation d'emploi et rend une décision écrite contraignante sur la question de savoir si l'emploi est assurable pour l'AE et ouvrant droit à pension pour le RPC. La décision protège les deux parties contre toute nouvelle cotisation fondée sur les mêmes faits.


Sources et ressources officielles

Lois fédérales citées

  1. Loi sur l'assurance-emploi, LC 1996, ch 23, al 5(2)b) - Emplois exclus
  2. Loi sur l'assurance-emploi, LC 1996, ch 23, al 5(2)i) et par 5(3) - Emploi sans lien de dépendance

Formulaires et décisions de l'ARC

  1. Formulaire CPT1 - Request for a CPP/EI Ruling: Employee or Self-Employed?
  2. Formulaire PD24 - Demande de remboursement de cotisations au RPC déduites en trop ou de cotisations d'AE déduites en trop
  3. ARC - Décisions sur le RPC et l'AE

Ressources gouvernementales utiles

  1. Prestations spéciales d'AE pour les travailleurs autonomes - Canada.ca
  2. Régime québécois d'assurance parentale (RQAP) - Canada.ca

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Si vous êtes propriétaire d'une entreprise constituée en société et que vous n'êtes pas certain que votre salaire est correctement structuré pour l'AE et le RPC, ou si vous êtes confronté à une demande de décision de l'ARC, au remboursement de cotisations versées par erreur ou à une question de conformité en matière de paie, Hadri Law peut vous aider à y voir clair. Nos équipes fiscale et corporative conseillent les propriétaires-exploitants sur ces questions précises au quotidien.

Réservez une consultation gratuite au (437) 974-2374 ou via notre page de réservation en ligne. Nous servons nos clients en anglais, français, espagnol et catalan.

Cet article est à titre informatif seulement et ne constitue pas un avis juridique. Les règles relatives à l'assurance-emploi et à la fiscalité peuvent changer et dépendent de votre situation particulière. Veuillez consulter un avocat ou un conseiller fiscal avant d'agir.

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