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Options d'incorporation pour entreprise familiale en Ontario : guide complet

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Hadri LawApril 20, 20265 min read

Lorsqu'une famille décide de constituer son entreprise en société en Ontario, la question ne porte rarement que sur « devrions-nous incorporer ? » — la réponse est presque toujours oui. La vraie question est comment incorporer : sous quelle loi, comment structurer les actions, et faut-il ajouter une société de portefeuille, une fiducie familiale ou une convention d'actionnaires ?

Les décisions prises au moment de la constitution en société établissent le cadre juridique et fiscal dans lequel votre entreprise familiale évoluera pendant des années, parfois des décennies. Bien structurer dès le départ peut faire la différence entre un plan de relève fiscalement efficace et une réorganisation coûteuse quelques années plus tard.

Ce guide présente l'éventail complet des options d'incorporation pour entreprise familiale en Ontario, depuis le choix de base entre constitution provinciale ou fédérale jusqu'aux structures avancées comme le gel successoral et la fiducie familiale.


Pourquoi les entreprises familiales ontariennes devraient se constituer en société

Avant d'explorer les options, il est utile de comprendre pourquoi l'incorporation est presque toujours le bon choix pour une entreprise familiale ayant un potentiel de croissance réel.

L'entreprise individuelle ou la société en nom collectif offre la simplicité, mais avec un inconvénient majeur : la responsabilité personnelle. Les biens personnels du propriétaire — maison, épargne, placements — sont exposés aux dettes et aux réclamations de l'entreprise. De plus, il n'y a aucune séparation entre le revenu personnel et le revenu d'entreprise : le propriétaire paie le taux d'imposition personnel (jusqu'à environ 53,5 % en Ontario) sur chaque dollar de bénéfice.

Une société par actions est une personne morale distincte. Elle peut détenir des biens, conclure des contrats et engager des obligations en son propre nom. Le patrimoine personnel des actionnaires est généralement protégé. Les sociétés paient souvent des taux d'imposition nettement plus bas sur les bénéfices conservés, ce qui ouvre des possibilités de fractionnement du revenu, de report d'impôt et de constitution de patrimoine à long terme.

Pour les entreprises familiales en particulier, la constitution en société donne aussi accès à des outils de planification successorale — catégories d'actions, convention d'actionnaires, société de portefeuille, fiducie familiale — qui n'existent tout simplement pas pour une entreprise non incorporée.


Choisir la loi applicable : options d'incorporation pour entreprise familiale en Ontario

Toute société ontarienne se constitue soit sous la loi provinciale, soit sous la loi fédérale. Ce choix détermine quelle loi régit la structure de votre société, ses administrateurs et ses obligations de conformité.

Constitution sous la LSAO (Loi sur les sociétés par actions de l'Ontario)

La Loi sur les sociétés par actions de l'Ontario (OBCA), L.R.O. 1990, c. B.16 régit les sociétés provinciales ontariennes. C'est le choix le plus fréquent pour les entreprises familiales qui exercent leurs activités principalement en Ontario.

Caractéristiques clés :

  • Aucune exigence de résidence pour les administrateurs. Depuis le 5 juillet 2021, l'Ontario a supprimé l'exigence d'avoir des administrateurs résidents canadiens. Les entreprises familiales dont les fondateurs ou administrateurs ne résident pas au Canada peuvent se constituer à l'échelle provinciale sans restriction.
  • Frais de constitution plus bas. Les frais de constitution provinciale sont de 300 $, à régler en ligne auprès du Registre des entreprises de l'Ontario.
  • Conformité continue plus simple. Tous les dépôts se font au niveau provincial — aucune inscription extraprovinciale nécessaire, sauf expansion ultérieure dans d'autres provinces.
  • Protection du nom en Ontario. Votre dénomination sociale est protégée à l'intérieur de la province.

Pour la majorité des entreprises familiales ontariennes — surtout celles qui exercent leurs activités localement ou à l'intérieur de la province — la LSAO constitue le choix le plus simple et le plus économique.

Constitution sous la LCSA (Loi canadienne sur les sociétés par actions)

La Loi canadienne sur les sociétés par actions (CBCA), L.R.C. 1985, c. C-44 régit les sociétés constituées sous le régime fédéral.

Caractéristiques clés :

  • Protection du nom à l'échelle nationale. Votre dénomination sociale est protégée partout au Canada — un atout si vous envisagez d'étendre vos activités ou d'opérer à l'échelle nationale.
  • Exigence de résidence pour les administrateurs. Selon le paragraphe 105(3) de la CBCA, au moins 25 % des administrateurs doivent résider au Canada. Pour les sociétés comptant moins de quatre administrateurs, au moins un doit être résident canadien. Cette exigence peut compliquer les choses pour les entreprises familiales dont les fondateurs ne résident pas au Canada.
  • Inscription extraprovinciale obligatoire. Si votre société exerce ses activités en Ontario (ou dans toute autre province), elle doit s'inscrire à l'échelle extraprovinciale — une étape et un coût supplémentaires.
  • Nouvelle exigence de dépôt PDCIS. Depuis le 22 janvier 2024, toutes les sociétés régies par la CBCA doivent transmettre à Corporations Canada des renseignements sur les « particuliers ayant un contrôle important » (PDCIS) — une obligation de conformité additionnelle.

La recommandation pratique pour la plupart des entreprises familiales ontariennes : incorporer à l'échelle provinciale sous la LSAO. C'est plus simple, moins coûteux, et la souplesse en matière de résidence des administrateurs représente un avantage réel. Envisagez la CBCA si vous comptez exercer vos activités dans plusieurs provinces dès le départ, si vous souhaitez une protection nationale du nom ou si vous levez du capital auprès d'investisseurs institutionnels qui privilégient la gouvernance CBCA.

Note sur les sociétés professionnelles : si le propriétaire de l'entreprise est un professionnel réglementé en Ontario — avocat, médecin, comptable, travailleur social ou autre professionnel titulaire d'un permis — il peut être tenu de se constituer en société professionnelle. Les sociétés professionnelles en Ontario doivent être constituées sous la LSAO. La constitution fédérale n'est pas disponible pour les sociétés professionnelles.


Le fondement fiscal : la société privée sous contrôle canadien (SPCC)

Que vous choisissiez la constitution provinciale ou fédérale, la majorité des sociétés familiales ontariennes seront admissibles à titre de société privée sous contrôle canadien (SPCC) — et c'est là que les véritables avantages fiscaux commencent.

Une SPCC est une société privée qui n'est pas contrôlée, directement ou indirectement, par des non-résidents ou par des sociétés cotées en bourse. La plupart des sociétés familiales remplissent facilement cette définition.

Déduction accordée aux petites entreprises (DPE)

Les SPCC ont droit à la déduction accordée aux petites entreprises (DPE), qui réduit le taux d'impôt fédéral sur les sociétés d'environ 28 % à 9 % sur les premiers 500 000 $ de revenu d'entreprise actif. Combiné au taux provincial ontarien pour petites entreprises, le taux d'imposition combiné effectif est d'environ 12,2 % sur le revenu d'entreprise actif jusqu'au seuil.

À comparer au taux marginal maximal d'imposition personnelle en Ontario d'environ 53,5 %, l'avantage du report devient évident : le revenu conservé dans la société et non distribué sous forme de dividendes est imposé à 12,2 %, ce qui reporte l'impôt résiduel jusqu'au moment de la distribution.

Exonération cumulative des gains en capital (ECGC)

Lorsque les actionnaires vendent des actions admissibles d'une petite entreprise, ils peuvent avoir droit à l'exonération cumulative des gains en capital. Depuis le 1er janvier 2025, l'ECGC s'élève à 1,25 million $ par particulier sur les actions admissibles de petite entreprise.

Pour une entreprise familiale, il s'agit de l'un des avantages fiscaux les plus intéressants disponibles. Si quatre membres d'une famille détiennent chacun des actions admissibles, la famille pourrait collectivement mettre à l'abri jusqu'à 5 millions $ de gains en capital lors de la vente de l'entreprise — entièrement libres d'impôt.

Toutefois, réclamer plusieurs ECGC exige une structure d'actions adéquate dès le premier jour. C'est l'une des raisons pour lesquelles la façon dont vous incorporez compte autant que le fait d'incorporer.


Structure du capital-actions : l'architecture de votre société familiale ontarienne

Les statuts constitutifs définissent le capital-actions autorisé de votre société — les catégories et le nombre d'actions que la société peut émettre. Cette décision a des conséquences durables.

Une constitution de base peut créer une seule catégorie d'actions ordinaires avec droit de vote. Cela fonctionne pour une entreprise à propriétaire unique. Pour une entreprise familiale avec plusieurs membres, des rôles variés et des plans de relève, une seule catégorie d'actions devient vite limitante.

Une société familiale bien structurée comprend habituellement :

  • Actions ordinaires avec droit de vote (catégorie A) : détenues par les membres de la famille qui gèrent activement l'entreprise. Ces actions confèrent le droit de vote et peuvent participer aux dividendes et à la croissance en valeur.

  • Actions sans droit de vote (catégorie B ou privilégiées) : peuvent être émises aux membres de la famille qui ne participent pas à la gestion courante — conjoint ou enfants adultes — pour leur verser des dividendes sans affecter le contrôle de vote. Cela permet le fractionnement du revenu (sous réserve des règles sur l'impôt sur le revenu fractionné abordées ci-dessous).

  • Actions privilégiées : souvent utilisées dans un gel successoral (voir plus bas). Des actions privilégiées à valeur fixe sont émises au fondateur en échange des actions de croissance, ce qui plafonne son gain en capital futur tout en permettant à la croissance de s'accumuler au profit de la génération suivante.

Les statuts constitutifs sont déposés au moment de la constitution. Créer de nouvelles catégories d'actions après coup exige de modifier les statuts — un processus plus lourd. Il est nettement plus simple de prévoir la bonne structure dès la constitution initiale.

Note sur le fractionnement du revenu : verser des dividendes aux actionnaires membres de la famille qui se trouvent dans des tranches d'imposition inférieures peut réduire la facture fiscale globale de la famille. Toutefois, les règles sur l'impôt sur le revenu fractionné (IRF / TOSI) prévues dans la Loi de l'impôt sur le revenu limitent le fractionnement dans certains cas — en particulier pour les membres de la famille qui ne participent pas activement à l'entreprise. Les règles IRF sont complexes et exigent une analyse attentive par un avocat fiscaliste. Martina Caunedo, avocate fiscaliste chez Hadri Law avec plus de 12 ans d'expérience, conseille régulièrement les entreprises familiales sur les stratégies de fractionnement conformes.


Société de portefeuille : protéger le patrimoine et reporter l'impôt

Une société exploitante simple convient aux entreprises en démarrage. À mesure que l'entreprise croît et génère des bénéfices supérieurs aux besoins personnels des propriétaires, une structure avec société de portefeuille devient de plus en plus avantageuse.

La structure :

  • Société exploitante (Opco) : où se déroule l'activité commerciale — ventes, employés, contrats, passifs.
  • Société de portefeuille (Holdco) : une société distincte qui détient les actions de l'Opco et reçoit les bénéfices excédentaires sous forme de dividendes.

Les avantages :

Protection des actifs : les bénéfices excédentaires transférés de l'Opco à la Holdco par dividendes intersociétés libres d'impôt (en vertu des règles sur les dividendes intersociétés prévues dans la Loi de l'impôt sur le revenu) sont à l'abri des créanciers commerciaux de l'Opco. Si l'Opco fait l'objet d'une poursuite ou d'une faillite, les actifs détenus dans la Holdco sont généralement hors de portée.

Report d'impôt et placement : les fonds accumulés dans la Holdco peuvent être placés et composés sans déclencher d'impôt personnel tant qu'ils ne sont pas distribués. Il s'agit d'un avantage appréciable pour les propriétaires d'entreprises familiales qui n'ont pas besoin de tous leurs bénéfices pour leurs dépenses personnelles annuelles.

Plateforme de planification successorale : la Holdco devient le véhicule de détention du patrimoine familial, ce qui simplifie le transfert éventuel des actifs à la génération suivante.

Une réserve importante : un revenu de placement passif excédentaire accumulé dans une Holdco peut réduire la déduction accordée aux petites entreprises dont bénéficie l'Opco — un piège à prévenir par une bonne planification. Un avocat fiscaliste peut structurer le revenu passif de manière à en limiter l'incidence.


Fiducie familiale : multiplier l'ECGC et faciliter la relève

Pour les entreprises familiales qui planifient une vente éventuelle ou une relève générationnelle, la fiducie familiale discrétionnaire est l'un des outils de planification les plus puissants disponibles.

Une fiducie familiale détient les actions de la société de portefeuille (ou de la société exploitante). La fiducie est administrée par un fiduciaire qui gère les actions et décide des distributions de revenu, et compte des bénéficiaires désignés — généralement le conjoint et les enfants du fondateur.

Pourquoi les entreprises familiales les utilisent :

Multiplication de l'ECGC : lorsque la fiducie vend des actions admissibles et distribue le gain en capital à chaque bénéficiaire, chacun peut potentiellement demander sa propre ECGC de 1,25 million $. Une famille comptant quatre bénéficiaires pourrait mettre à l'abri jusqu'à 5 millions $ en gains en capital — libres d'impôt.

Fractionnement du revenu : le fiduciaire a le pouvoir discrétionnaire de distribuer le revenu au bénéficiaire qui se trouve dans la tranche d'imposition la plus basse chaque année, ce qui réduit la facture fiscale familiale globale (sous réserve des règles IRF).

Planification de la relève : les actions détenues en fiducie peuvent être transférées à la génération suivante en douceur, sans déclencher de disposition réputée au décès du fondateur.

Considération cruciale sur le moment : la fiducie familiale doit être établie, et les actions émises en sa faveur, alors que l'entreprise a encore une valeur relativement faible. Si vous attendez que l'entreprise vaille 3 millions $ avant d'ajouter une fiducie familiale à la structure, l'avantage de l'ECGC peut être considérablement réduit. Planifier tôt — idéalement dès la constitution — maximise les bénéfices disponibles.

Les fiducies familiales comportent des obligations de conformité continues (déclaration de fiducie annuelle, tenue de registres) et sont assujetties à la règle de disposition réputée tous les 21 ans prévue aux paragraphes 104(4) et 104(5) de la Loi de l'impôt sur le revenu, qui déclenche une disposition réputée des biens de la fiducie à la juste valeur marchande tous les 21 ans. Un avocat et un comptable travaillant ensemble peuvent vous aider à planifier en conséquence.


Convention d'actionnaires : le contrat qui protège votre famille

Pour toute société familiale comptant plus d'un actionnaire, la convention d'actionnaires n'est pas facultative — elle est essentielle.

La convention d'actionnaires est un contrat entre les actionnaires de la société qui régit les questions que la loi ne traite pas automatiquement. Pour une entreprise familiale, elle sert de manuel opérationnel lorsque les circonstances familiales changent.

Clauses clés pour les entreprises familiales :

Restrictions de transfert d'actions : sans restriction, les actions d'un actionnaire pourraient passer à un conjoint en cas de divorce ou à un héritier inattendu au décès. Une convention d'actionnaires bien rédigée restreint qui peut détenir des actions et accorde aux actionnaires restants le droit d'acheter les actions avant qu'elles ne soient transférées à un tiers non désiré.

Mécanismes d'achat-vente : une clause shotgun ou un droit de premier refus fournit un mécanisme équitable pour résoudre les impasses ou les litiges entre actionnaires familiaux — évitant ainsi des litiges coûteux.

Clauses d'évaluation : comment les actions seront-elles évaluées au décès, en cas d'invalidité ou au départ d'un membre de la famille ? Sans mécanisme convenu, les conflits d'évaluation peuvent devenir longs et destructeurs.

Clauses de relève : qui reprend les droits de vote de l'actionnaire à son décès ? La succession peut-elle être contrainte de revendre les actions à la société ? Ces questions doivent être résolues à l'avance.

Droits de gestion : quels membres de la famille détiennent le pouvoir décisionnel ? Quelles décisions exigent l'approbation unanime des actionnaires ? Qui peut signer des chèques au-dessus d'un certain montant ?

La convention d'actionnaires s'articule avec les statuts constitutifs et l'acte de fiducie familiale — les trois documents doivent être cohérents et complémentaires. Nicholas Dempsey, avocat en droit des sociétés chez Hadri Law, a travaillé sur plus de 90 opérations d'achat-vente d'actifs ou d'actions et se spécialise dans le conseil aux entreprises familiales en matière de conventions d'actionnaires et de relève d'entreprise.


Gel successoral : transférer la croissance future à la génération suivante

Le gel successoral est une réorganisation corporative visant à figer le gain en capital du fondateur à sa valeur actuelle, tout en permettant à la croissance future de s'accumuler au profit de la génération suivante — habituellement par l'intermédiaire d'une fiducie familiale.

Comment ça fonctionne :

  1. Le fondateur échange ses actions ordinaires (dont la valeur a crû) contre des actions privilégiées à valeur fixe correspondant à la juste valeur marchande actuelle de l'entreprise.
  2. De nouvelles actions ordinaires — les actions de croissance — sont émises à une fiducie familiale ou directement aux membres de la famille.
  3. À partir de la date du gel, toute augmentation de la valeur de l'entreprise s'accumule aux actions de croissance, et non aux actions privilégiées du fondateur.

Ce que le gel permet d'accomplir :

  • Le gain en capital du fondateur est figé à la valeur d'aujourd'hui. Aucune croissance future n'est attribuée à sa succession.
  • La croissance future est admissible à l'ECGC pour les nouveaux actionnaires (bénéficiaires de la fiducie familiale ou membres de la famille détenant les nouvelles actions ordinaires).
  • Les frais d'homologation sur la succession du fondateur sont réduits, puisque les actions privilégiées ne s'apprécient plus en valeur.
  • Le fondateur conserve le contrôle grâce aux droits de vote des actions privilégiées (s'ils sont structurés en ce sens) tout en transférant la propriété économique à la génération suivante.

Un gel successoral n'est pas une opération unique — c'est une réorganisation sophistiquée qui doit être planifiée soigneusement par un avocat et un fiscaliste travaillant ensemble. Le moment compte : le gel doit être effectué avant que la valeur de l'entreprise n'atteigne son sommet, mais pas si tôt que l'ECGC serait réclamée sur la croissance future. Bien exécuté, c'est l'un des outils de relève les plus efficaces sur le plan fiscal pour les entreprises familiales ontariennes.


Un cadre pour choisir la bonne structure

Il n'existe pas de réponse unique valable pour toutes les entreprises familiales. La structure appropriée dépend de votre situation familiale, de vos plans de croissance et de vos objectifs fiscaux et successoraux. Voici un cadre pratique :

Entreprise familiale en démarrage, propriétaire unique ou conjoints seulement :

  • Constitution sous la LSAO, plusieurs catégories d'actions dès le début, convention d'actionnaires s'il y a plus d'un actionnaire
  • Société de portefeuille pas encore nécessaire, mais à envisager

Entreprise familiale en croissance avec enfants ou famille élargie comme actionnaires :

  • Constitution sous la LSAO (ou CBCA en cas d'expansion nationale)
  • Plusieurs catégories d'actions (avec et sans droit de vote)
  • Convention d'actionnaires — essentielle
  • Société de portefeuille pour protéger les bénéfices accumulés et permettre le report d'impôt

Entreprise familiale mature, planifiant la relève ou une vente éventuelle :

  • Ajouter une fiducie familiale discrétionnaire pour détenir les actions de la Holdco — optimise la multiplication de l'ECGC
  • Envisager un gel successoral pour figer la valeur du fondateur et transférer la croissance future à la génération suivante
  • Réviser et mettre à jour la convention d'actionnaires pour traiter de la relève

Entreprise familiale exploitée par un professionnel réglementé :

  • Société professionnelle sous la LSAO — pas sous la CBCA
  • Les mêmes principes de planification fiscale s'appliquent

L'étape la plus importante est d'obtenir des conseils juridiques et fiscaux appropriés avant de vous constituer en société. Les décisions inscrites dans les statuts constitutifs ne sont pas toujours faciles à défaire, et les occasions de planification manquées au départ peuvent coûter cher à corriger par la suite.


Questions fréquentes

Devrais-je constituer mon entreprise familiale à l'échelle provinciale ou fédérale en Ontario ? La plupart des entreprises familiales ontariennes devraient se constituer à l'échelle provinciale sous la Loi sur les sociétés par actions de l'Ontario (LSAO). La LSAO est plus simple, moins coûteuse et n'impose aucune exigence de résidence aux administrateurs. La constitution fédérale sous la CBCA convient mieux aux entreprises qui exercent à l'échelle nationale ou qui lèvent du capital institutionnel.

Qu'est-ce qu'une SPCC et pourquoi est-ce important pour mon entreprise familiale ? Une société privée sous contrôle canadien (SPCC) est une société privée contrôlée par des résidents canadiens. La plupart des sociétés familiales ontariennes s'y qualifient automatiquement. Le statut de SPCC donne accès à la déduction accordée aux petites entreprises — ramenant le taux combiné à environ 12,2 % sur les premiers 500 000 $ de revenu d'entreprise actif — ainsi qu'à l'exonération cumulative des gains en capital lors d'une vente d'actions.

Qu'est-ce que l'exonération cumulative des gains en capital (ECGC) ? L'ECGC permet à un particulier d'exonérer jusqu'à 1,25 million $ (depuis le 1er janvier 2025) de gains en capital sur la vente d'actions admissibles de petite entreprise. Plusieurs membres d'une famille peuvent chacun réclamer leur propre ECGC — ce qui signifie qu'une famille de quatre personnes pourrait mettre à l'abri jusqu'à 5 millions $ lors de la vente de l'entreprise, entièrement libres d'impôt.

Ai-je besoin d'une convention d'actionnaires pour mon entreprise familiale ? Oui. Toute société familiale comptant plus d'un actionnaire devrait disposer d'une convention d'actionnaires. Elle régit ce qui arrive aux actions en cas de décès, de divorce ou de départ — empêchant des tiers non désirés de devenir actionnaires et offrant un mécanisme clair pour résoudre les litiges de propriété.

Qu'est-ce qu'une société de portefeuille et mon entreprise familiale en a-t-elle besoin ? Une société de portefeuille détient les actions de votre société exploitante et reçoit ses bénéfices excédentaires sous forme de dividendes libres d'impôt. Elle protège le patrimoine accumulé contre les créanciers de l'exploitation et permet une croissance de placement à imposition différée. À envisager dès que votre entreprise génère des bénéfices supérieurs à vos besoins personnels immédiats.

Une fiducie familiale peut-elle multiplier l'exonération des gains en capital ? Oui. Une fiducie familiale discrétionnaire détenant des actions peut distribuer les gains en capital à plusieurs bénéficiaires lors d'une vente, chacun réclamant sa propre ECGC. La fiducie doit être établie tôt — avant que l'entreprise n'ait une valeur importante — pour maximiser l'avantage.

Qu'est-ce qu'un gel successoral et quand devrais-je en faire un ? Un gel successoral échange les actions de croissance du fondateur contre des actions privilégiées à valeur fixe, figeant son gain en capital et transférant la croissance future à la génération suivante par l'intermédiaire d'une fiducie familiale ou directement à des membres de la famille. Il est le plus efficace avant que l'entreprise n'atteigne son sommet de valeur et exige un avocat et un fiscaliste travaillant de concert.

Quelles sont les obligations de conformité continues pour une société familiale ontarienne ? Les sociétés ontariennes doivent déposer une déclaration annuelle auprès du Registre des entreprises de l'Ontario, tenir des assemblées annuelles d'actionnaires et d'administrateurs (ou des résolutions en tenant lieu), maintenir un livre des procès-verbaux, et produire leurs déclarations de revenus des sociétés. Les sociétés de portefeuille ont leurs propres registres. Les fiducies familiales produisent une déclaration T3 annuelle et sont assujetties à la règle de disposition réputée tous les 21 ans.


Sources et ressources officielles

Lois ontariennes

  1. Loi sur les sociétés par actions de l'Ontario, L.R.O. 1990, c. B.16
  2. Registre des entreprises de l'Ontario — Constitution d'une société
  3. Registre des entreprises de l'Ontario — Déclarations annuelles

Lois et règlements fédéraux 4. Loi canadienne sur les sociétés par actions, L.R.C. 1985, c. C-44 — Texte intégral 5. CBCA art. 105 — Exigences de résidence des administrateurs 6. Corporations Canada — Particuliers ayant un contrôle important (PDCIS)

Références fiscales de l'ARC 7. ARC — Taux d'impôt des sociétés (déduction accordée aux petites entreprises) 8. ARC — Gains en capital 2025 (exonération cumulative des gains en capital) 9. ARC — Guide T3 des fiducies 2025 (obligations des fiducies familiales)


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Choisir la bonne structure d'incorporation pour votre entreprise familiale est l'une des décisions juridiques les plus lourdes de conséquences que vous prendrez comme propriétaire d'entreprise. Les décisions inscrites dans vos statuts constitutifs — catégories d'actions, gouvernance, propriété — façonnent toutes les options de planification futures pour votre famille.

L'équipe corporative de Hadri Law possède la profondeur nécessaire pour conseiller sur l'ensemble des structures d'entreprises familiales. Nicholas Dempsey, avocat en droit des sociétés chez Hadri Law, apporte une expérience de plus de 90 opérations d'achat-vente d'actifs ou d'actions et se spécialise dans les entreprises familiales, les conventions d'actionnaires et la structure corporative. Martina Caunedo, avocate fiscaliste chez Hadri Law, compte plus de 12 ans d'expérience en fiscalité internationale, notamment en fractionnement du revenu, en planification de l'ECGC et en stratégies de gel successoral. Ensemble, ils peuvent vous aider à bâtir une structure qui protège votre patrimoine, minimise l'impôt et positionne votre entreprise pour un succès durable.

Hadri Law offre une consultation initiale gratuite. Réservez au calendly.com/hadrilaw/free-consultation ou appelez au (437) 974-2374.

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Le contenu de ce billet est fourni à titre informatif seulement et ne constitue pas un avis juridique. La lecture de cet article ne crée pas de relation avocat-client. Veuillez consulter un avocat qualifié pour obtenir un avis adapté à votre situation.

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