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L'exonération cumulative des gains en capital en Ontario : guide complet

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Hadri LawApril 20, 20265 min read

L'exonération cumulative des gains en capital (ECGC) est un avantage fiscal fédéral qui permet aux résidents canadiens admissibles de soustraire de l'impôt sur le revenu jusqu'à 1 250 000 $ de gains en capital réalisés sur la disposition d'un bien admissible au cours de leur vie. En Ontario, son utilisation la plus fréquente concerne la vente d'actions d'une société exploitant une petite entreprise (SEPE), une disposition qui peut faire économiser à un entrepreneur bien au-delà de 300 000 $ d'impôt sur une seule transaction.

Pour les entrepreneurs qui ont consacré des années à bâtir une société privée, l'exonération cumulative des gains en capital représente souvent la plus grande occasion de planification fiscale au moment de la vente. Toutefois, elle n'est pas automatique. Les règles sont strictes, superposées et impardonnables, et bien des propriétaires d'entreprise découvrent trop tard que leurs actions ne se qualifient pas. Ce guide présente l'ECGC en Ontario à partir des principes de base : sa nature, les biens admissibles, la manière dont les actions de SEPE doivent être structurées, le calcul et la réclamation de l'exonération, ainsi que les stratégies à mettre en place bien avant une vente.


Qu'est-ce que l'exonération cumulative des gains en capital?

L'ECGC a été instaurée en 1985 par l'article 110.6 de la Loi de l'impôt sur le revenu (LIR), L.R.C. (1985), ch. 1 (5e suppl.) (LIR art. 110.6). Elle permet au particulier résident canadien admissible de réclamer, dans sa déclaration personnelle, une déduction qui met à l'abri — en totalité ou en partie — les gains en capital tirés de la disposition de biens admissibles, à la fois de l'impôt fédéral et de l'impôt provincial.

Le plafond de l'exonération cumulative des gains en capital en Ontario s'élève à 1 250 000 $ depuis le 25 juin 2024. Il s'agit d'une hausse importante par rapport à la limite antérieure de 1 016 836 $, qui était indexée annuellement sur l'inflation. L'indexation a été suspendue pour 2025 et doit reprendre en 2026. À la date de rédaction de ce guide, la limite indexée pour 2026 devrait se situer autour de 1 275 000 $ — mais il convient de confirmer le montant exact auprès de l'ARC ou d'un avocat fiscaliste au moment de la transaction.

Plusieurs aspects de l'ECGC sont souvent mal compris :

  • Il s'agit d'une limite cumulative à vie, et non d'une limite annuelle. Le plafond de 1 250 000 $ est partagé entre toutes les dispositions admissibles sur la vie entière du particulier.
  • Elle est réservée aux particuliers. Les sociétés, les fiducies et les non-résidents ne peuvent pas la réclamer.
  • La hausse proposée du taux d'inclusion des gains en capital (de la moitié aux deux tiers) a été annulée le 21 mars 2025. Le taux d'inclusion demeure à 50 % pour tous les particuliers. La déduction maximale pour gains en capital applicable contre le plafond de 1 250 000 $ de l'ECGC est donc de 625 000 $ (50 % de 1 250 000 $).
  • L'exonération est réclamée à la ligne 25400 de la déclaration T1 du particulier au moyen du formulaire T657.

Au taux marginal combiné de l'Ontario applicable aux gains en capital (environ 26,76 % sur la portion imposable pour les contribuables à la tranche supérieure en 2024), mettre à l'abri 625 000 $ de gains en capital imposables peut éliminer jusqu'à environ 167 000 $ d'impôt provincial, auquel s'ajoute l'économie au palier fédéral.


Quels biens sont admissibles à l'exonération cumulative des gains en capital en Ontario?

L'ECGC s'applique à deux catégories de biens prévues par la Loi de l'impôt sur le revenu. Déterminer la catégorie applicable constitue le point de départ de toute discussion de planification relative à l'ECGC.

Actions admissibles de petite entreprise (actions de SEPE)

Les actions de SEPE sont des actions d'une société privée sous contrôle canadien (SPCC) qui satisfont à un ensemble précis de critères portant sur la composition des actifs, la détention et la durée de détention, appliqués tant au moment de la vente qu'au cours des 24 mois précédents. Pour un entrepreneur ontarien qui détient des actions d'une société exploitante privée, c'est la voie la plus courante vers l'ECGC.

Les critères applicables aux actions de SEPE sont examinés en détail dans la section suivante.

Biens agricoles ou de pêche admissibles (BAPA)

Les BAPA comprennent les biens immeubles (terrains et bâtiments), les bateaux de pêche, les contingents et les permis utilisés dans une exploitation agricole ou de pêche menée principalement au Canada. Lorsque l'entreprise agricole ou de pêche est exploitée par l'intermédiaire d'une société, les actions de cette société peuvent elles-mêmes être des BAPA — sous réserve de critères analogues relatifs aux actifs et à leur utilisation.

Pour un bien acquis après le 17 juin 1987, une période de détention minimale de 24 mois est exigée. De plus, le revenu brut tiré de l'exploitation agricole ou de pêche doit généralement excéder le revenu provenant d'autres sources pendant la période de détention.

Le plafond de 1 250 000 $ de l'ECGC est partagé entre les dispositions d'actions de SEPE et les dispositions de BAPA. Un propriétaire d'entreprise qui a déjà réclamé 500 000 $ d'ECGC sur la vente d'un bien agricole ne dispose plus que de 750 000 $ pour une vente future d'actions de SEPE.


Actions de SEPE : les critères détaillés d'admissibilité à l'exonération des gains en capital

L'exonération des gains en capital applicable aux actions de SEPE ne dépend pas simplement de la détention d'actions dans une petite société. Quatre critères distincts doivent être remplis simultanément à la date de la vente et dans les délais prescrits. Le non-respect d'un seul critère entraîne la perte complète de l'ECGC pour cette disposition.

Critère 1 : la société doit être une SPCC (pendant toute la période de 24 mois)

La société doit avoir conservé son statut de société privée sous contrôle canadien pendant toute la période de 24 mois se terminant au moment de la disposition. Le statut de SPCC, défini au paragraphe 125(7) de la LIR, exige en gros que la société :

  • Soit constituée au Canada ou y soit résidente
  • Ne soit pas contrôlée, directement ou indirectement, par une ou plusieurs personnes non résidentes
  • Ne soit pas contrôlée par une société publique (ni par une combinaison de sociétés publiques et de non-résidents)
  • Ne soit pas inscrite à une bourse de valeurs désignée

Si le contrôle est transféré à un investisseur non résident, même temporairement, au cours de cette période de 24 mois, le statut de SPCC est perdu et l'ECGC est refusée. Il en va de même si les actions de la société sont inscrites à une bourse publique. Ces ruptures sont irréversibles et ne peuvent être corrigées après coup.

Critère 2 : le critère de 90 % sur les actifs — statut de « société exploitant une petite entreprise » au moment de la vente

Au moment de la disposition, la société doit répondre à la définition de société exploitant une petite entreprise (SEPE) prévue au paragraphe 248(1) de la LIR. Elle exige qu'au moins 90 % de la juste valeur marchande de l'ensemble des actifs de la société soit attribuable à :

  • Des actifs utilisés principalement dans une entreprise exploitée activement au Canada par la société elle-même ou par une société rattachée; et (ou)
  • Des actions ou des titres de créance de sociétés rattachées qui satisfont elles-mêmes au critère des actifs d'entreprise active.

Le seuil de 90 % reflète l'interprétation administrative que fait l'ARC de l'expression « la totalité ou presque ». Les actifs qui ne comptent pas dans ce seuil comprennent : les placements passifs (CPG, titres cotés en bourse), l'encaisse excédentaire non requise pour l'entreprise active, les immeubles détenus à des fins de placement et les actifs d'une société de portefeuille investis dans des filiales non admissibles.

L'encaisse excédentaire est l'un des pièges les plus fréquents. Une société qui a accumulé des bénéfices non répartis sous forme de liquidités ou de portefeuilles de placement, conséquence naturelle d'une entreprise rentable, peut échouer au critère de 90 % même si ses actifs d'exploitation sont entièrement actifs. Les actifs passifs tirent la proportion admissible sous le seuil.

Critère 3 : le critère de 50 % sur les actifs — la rétrospection sur 24 mois

Pendant les 24 mois précédant immédiatement la disposition, plus de 50 % de la juste valeur marchande des actifs de la société doit avoir été utilisée principalement dans une entreprise exploitée activement au Canada (ou investie dans des actions ou des titres de créance de sociétés rattachées actives). Ce critère s'applique à l'ensemble de la période de 24 mois — pas seulement à la date de la vente.

Le seuil de 50 % est inférieur à celui de 90 %, mais il couvre une période beaucoup plus longue. Un propriétaire d'entreprise qui purifie le bilan de la société au cours des mois précédant immédiatement la clôture peut satisfaire au critère de 90 % à la disposition tout en échouant à la rétrospection de 50 % si les actifs passifs dominaient le bilan plus tôt dans la fenêtre de 24 mois.

C'est pourquoi la planification préalable est déterminante. Une purification de dernière minute ne règle pas rétroactivement une rétrospection de 24 mois déficiente.

Critère 4 : la détention pendant 24 mois

Les actions vendues ne doivent pas avoir appartenu à une personne autre que le particulier (ou une personne qui lui est liée) à un moment quelconque au cours des 24 mois précédant immédiatement la disposition. Aux fins de ce critère, une « personne liée » comprend un conjoint ou conjoint de fait, ainsi que certaines sociétés de personnes.

Lorsque les actions ont été acquises d'une partie sans lien de dépendance, y compris dans le cadre d'une opération d'achat, le compte à rebours de 24 mois commence à la date de l'acquisition. Des actions acquises moins de 24 mois avant la vente ne satisferont pas à ce critère, quelle que soit la composition des actifs de la société.

Un scénario prend souvent les propriétaires d'entreprise par surprise : les réorganisations d'actions et les restructurations corporatives. Lorsque des actions sont échangées dans le cadre d'une réorganisation (par exemple, un échange d'actions effectué en vertu de l'article 86 ou 85 de la LIR), les nouvelles actions émises n'« héritent » pas toujours de la période de détention des anciennes actions. Le compte à rebours de 24 mois peut alors recommencer, refusant l'ECGC même si l'entreprise sous-jacente est détenue depuis des décennies.

Tous les critères doivent être remplis simultanément

Une société qui satisfait au critère de 90 % sur les actifs mais échoue à la rétrospection de 50 %, ou dont les actions ont été transférées par une partie sans lien de dépendance il y a 18 mois, n'est pas admissible. L'ECGC est entièrement refusée si un seul critère fait défaut. Il n'y a pas de crédit partiel.


Comment calculer et réclamer l'exonération cumulative des gains en capital au Canada

Une fois l'admissibilité des actions de SEPE (ou des BAPA) confirmée, le mécanisme de réclamation de l'exonération se gère dans la déclaration personnelle T1 de l'année de la disposition.

Étape 1 : déclarer le gain en capital à l'annexe 3

Le gain en capital réalisé à la vente des actions est déclaré à la section pertinente de l'annexe 3 de la déclaration de revenus des particuliers. Le gain correspond au produit de disposition, moins le prix de base rajusté des actions et les frais de vente.

Étape 2 : calculer le gain en capital imposable

Au taux d'inclusion actuel de 50 %, seule la moitié du gain en capital est incluse dans le revenu à titre de gain en capital imposable. Par exemple, un gain de 1 000 000 $ produit un gain en capital imposable de 500 000 $.

Étape 3 : remplir le formulaire T657 — Calcul de la déduction pour gains en capital

Le formulaire T657, disponible auprès de l'ARC (canada.ca/fr/agence-revenu/services/formulaires-publications/formulaires/t657.html), calcule la déduction maximale pour gains en capital à laquelle le contribuable a droit pour l'année. Le formulaire tient compte :

  • Du solde cumulatif de l'ECGC restant au contribuable (réduit des réclamations antérieures)
  • Des gains en capital imposables admissibles de l'année
  • Du solde de Perte nette cumulative sur placements (PNCP) du contribuable
  • Des provisions pour gains en capital relatives aux dispositions d'années antérieures

La déduction calculée au formulaire T657 est réclamée à la ligne 25400 de la déclaration T1.

Étape 4 : vérifier son solde de PNCP à l'aide du formulaire T936

La PNCP — Perte nette cumulative sur placements — est l'une des limitations de l'ECGC les moins comprises. Aux termes du paragraphe 110.6(4) de la LIR, la déduction disponible au titre de l'ECGC est réduite dollar pour dollar par le solde de la PNCP du contribuable à la fin de l'année de la disposition.

La PNCP se calcule depuis 1988 comme l'excédent cumulatif des dépenses de placement sur le revenu de placement, suivi année après année. Ses principales composantes sont :

  • Les intérêts sur des fonds empruntés pour tirer un revenu de placement, lorsque ce revenu est nul ou minime
  • Les pertes locatives nettes (les dépenses de location dépassant le revenu de location)
  • Les frais financiers et les honoraires de conseils en placement qui excèdent le revenu de placement

Un contribuable ayant un solde de PNCP de 75 000 $ ne peut réclamer l'ECGC qu'à l'encontre des gains en capital imposables qui excèdent 75 000 $ dans l'année. La déduction n'est pas perdue définitivement; elle est reportée jusqu'à ce qu'un revenu de placement soit gagné ou que le solde de PNCP soit autrement réduit. Un solde élevé au moment d'une vente peut toutefois causer une surprise importante.

La PNCP se calcule au moyen du formulaire T936, également disponible auprès de l'ARC (canada.ca/fr/agence-revenu/services/formulaires-publications/formulaires/t936.html).

L'impôt minimum de remplacement (IMR) peut tout de même s'appliquer

Même lorsque l'ECGC élimine entièrement l'impôt régulier sur le gain en capital, l'impôt minimum de remplacement (LIR, art. 127.5) peut créer une dette fiscale dans l'année de la vente. Sous le régime de l'IMR, une portion du gain autrement exonéré est ajoutée à la base de l'IMR.

L'IMR payé est généralement récupérable à titre de crédit contre l'impôt régulier au cours des sept années d'imposition suivantes, mais il crée une obligation de trésorerie dans l'année de la vente qu'il faut anticiper. Un propriétaire d'entreprise qui s'apprête à conclure une transaction devrait demander à son avocat fiscaliste ou à son comptable de modéliser l'exposition à l'IMR dans le cadre de la planification préalable à la clôture.

Le plafond cumulatif à vie

L'ARC tient compte de toutes les réclamations antérieures d'ECGC pour établir le solde cumulatif d'un contribuable. Si un contribuable a déjà réclamé 300 000 $ d'ECGC à l'occasion d'une vente d'entreprise antérieure, il ne lui reste que 950 000 $ sur le plafond de 1 250 000 $ pour ses dispositions futures (au plafond 2024-2025). Les réclamations antérieures sont automatiquement reflétées dans les dossiers de l'ARC et dans le calcul du formulaire T657.


Stratégies de planification fiscale avant la vente de votre entreprise

Pour la plupart des propriétaires d'entreprise, l'accès à l'exonération cumulative des gains en capital exige une planification délibérée et précoce. Les fenêtres d'admissibilité de 24 mois signifient que les problèmes structurels découverts à l'approche d'une transaction ne peuvent plus être corrigés à temps. Les trois stratégies les plus utiles sont la purification, la cristallisation et la multiplication.

Stratégie 1 : la purification — retirer les actifs passifs avant la vente

La purification consiste à retirer les actifs passifs du bilan de la société exploitante afin que les critères de 90 % et de 50 % soient respectés. L'approche la plus courante consiste à transférer l'encaisse excédentaire, les portefeuilles de placement ou d'autres actifs passifs à une société de portefeuille liée, au moyen de dividendes intersociétés libres d'impôt.

Puisque la rétrospection de 50 % porte sur la totalité des 24 mois précédant la disposition, une stratégie de purification devrait idéalement débuter au moins deux ans avant la vente prévue. Attendre jusqu'à la barre des 12 mois peut suffire à satisfaire le critère de 90 % à la disposition, mais le critère de 50 % reflétera encore le bilan alourdi d'actifs passifs de l'année précédente.

Une structure de purification fréquente consiste à constituer une société de portefeuille et à y faire remonter les actifs passifs par voie de dividendes. La société exploitante ne conserve alors que les actifs réellement requis pour l'entreprise active. Dans la mesure où la société de portefeuille ne détient pas elle-même d'actifs d'entreprise active, elle ne sera pas une SEPE, mais la société exploitante peut maintenant l'être.

Le moment compte : la purification doit être achevée bien à l'avance, et non orchestrée la semaine précédant la clôture.

Stratégie 2 : la cristallisation — verrouiller l'exonération dès aujourd'hui

La cristallisation permet à un propriétaire d'entreprise d'accéder à l'ECGC sans vendre l'entreprise à un tiers. La technique consiste à déclencher un gain en capital par une disposition réputée ou réelle des actions — généralement au moyen d'un échange d'actions ou d'un choix fiscal — et à utiliser l'ECGC pour mettre ce gain à l'abri immédiatement. Les actions nouvellement émises ou échangées acquièrent un prix de base rajusté plus élevé, ce qui réduit le gain imposable éventuel lors de la vente réelle de l'entreprise, des années plus tard.

La cristallisation est utilisée lorsque :

  • L'entreprise risque de ne plus être admissible à l'ECGC à l'avenir (par exemple, accumulation d'actifs passifs)
  • Un changement législatif attendu pourrait réduire l'exonération disponible
  • Une planification successorale est en cours et le propriétaire souhaite « mettre de côté » l'exonération pour sa succession

Mise en garde importante concernant l'article 84.1 de la LIR : lorsque des actions sont transférées avec lien de dépendance (par exemple, à une société de portefeuille contrôlée par un enfant adulte), l'article 84.1 peut s'appliquer pour réputer un dividende imposable plutôt qu'un gain en capital, ce qui prive en pratique de l'accès à l'ECGC. Cette disposition est complexe et l'analyse est très spécifique aux faits. Toute cristallisation impliquant des parties avec lien de dépendance doit être examinée soigneusement par un avocat fiscaliste avant d'aller de l'avant.

Stratégie 3 : la multiplication — utiliser les exonérations de plusieurs membres de la famille

Lorsque le gain anticipé dépasse le plafond individuel de 1 250 000 $ de l'ECGC, un propriétaire d'entreprise peut envisager de restructurer l'actionnariat afin que des membres de la famille (conjoint, enfants adultes ou fiducies familiales) puissent accéder à leur propre exonération cumulative sur la même transaction. Chaque particulier admissible dispose de sa propre ECGC de 1 250 000 $.

Cette stratégie doit être abordée avec grande prudence. Les règles sur l'impôt sur le revenu fractionné (IRF), entrées en vigueur en 2018 et considérablement élargies depuis, peuvent imposer les revenus et les gains en capital attribués aux membres de la famille au taux marginal le plus élevé, annulant en pratique l'avantage de la multiplication. Les règles d'attribution du revenu prévues à l'article 74.1 de la LIR peuvent également faire remonter les gains au propriétaire initial.

Les stratégies de multiplication qui étaient courantes avant 2018 peuvent ne plus produire le résultat recherché. Un avocat fiscaliste devrait analyser si l'IRF s'applique et si des exceptions (comme l'exception pour personne activement engagée ou celle pour actions exclues) sont disponibles dans les circonstances particulières.

Commencer tôt — les fenêtres de 24 mois ne sont pas négociables

Ces trois stratégies sont contraintes par les fenêtres d'admissibilité de 24 mois prévues à la LIR. Un propriétaire d'entreprise qui décide de vendre et ne découvre qu'ensuite un problème d'actifs passifs, un solde de PNCP ou une réorganisation ayant remis à zéro le compteur de détention ne dispose d'aucune option pouvant fonctionner à temps. La fenêtre idéale pour entamer une planification de l'ECGC se situe entre deux et cinq ans avant la disposition prévue.


Quand l'ECGC ne s'applique pas : scénarios de disqualification fréquents

Certains propriétaires d'entreprise présument que l'exonération cumulative des gains en capital est automatique ou que des enjeux structurels mineurs peuvent être ignorés. Les scénarios suivants entraînent une disqualification ou une réduction :

  • La société n'est pas une SPCC. Des actionnaires non résidents qui contrôlent la société, ou une inscription à une bourse à un moment quelconque de la période de 24 mois, font perdre le statut de SPCC.
  • Le critère de 90 % sur les actifs n'est pas respecté à la disposition. L'encaisse accumulée, les portefeuilles de placement ou les immeubles passifs font échouer la société au test de la « société exploitant une petite entreprise ».
  • La rétrospection de 50 % échoue. Même si la société paraît saine aujourd'hui, des actifs passifs qui ont dominé le bilan à un moment quelconque des 24 derniers mois peuvent disqualifier des actions qui réussissent actuellement le test de 90 %.
  • Les actions ont été détenues par une personne sans lien au cours des 24 mois précédant immédiatement la vente.
  • Le vendeur n'est pas résident canadien. L'ECGC n'est pas accessible aux non-résidents dans l'année de la disposition.
  • La PNCP réduit l'exonération disponible. Un solde de PNCP élevé réduit la déduction réclamable dollar pour dollar.
  • Les réclamations antérieures épuisent le plafond cumulatif. Tout montant déjà réclamé réduit l'exonération restante.
  • L'article 84.1 s'applique. Les transferts avec lien de dépendance qui entraînent un dividende réputé privent le gain visé de l'accès à l'ECGC.

Foire aux questions

À combien s'élève l'exonération cumulative des gains en capital en Ontario?

Le plafond de l'exonération cumulative des gains en capital en Ontario est de 1 250 000 $ pour les dispositions effectuées après le 24 juin 2024. L'indexation est suspendue pour 2025 et reprend en 2026. L'Ontario ne dispose pas d'une exonération provinciale distincte — l'exonération fédérale s'applique et réduit à la fois le revenu imposable fédéral et ontarien. Confirmez le montant indexé de 2026 auprès de l'ARC avant de produire votre déclaration.

Qui a droit à l'exonération cumulative des gains en capital?

Les particuliers résidents canadiens y ont droit. L'ECGC n'est pas disponible pour les sociétés, les fiducies et les non-résidents. Le particulier doit avoir été résident au Canada dans l'année de la disposition ainsi que dans l'année précédente ou suivante (LIR, par. 110.6(2) et 110.6(5)). Le bien vendu doit être une action admissible de petite entreprise ou un bien agricole ou de pêche admissible.

Quelle est la différence entre une société exploitant une petite entreprise et des actions de SEPE?

Une société exploitant une petite entreprise (SEPE) est une SPCC dont au moins 90 % des actifs (en juste valeur marchande) sont utilisés dans une entreprise exploitée activement au Canada — ce critère s'applique au moment de la vente. Des actions admissibles de petite entreprise sont des actions d'une SEPE qui satisfont en outre au critère de détention pendant 24 mois et à la rétrospection de 50 % sur les actifs. Une SEPE ne se qualifie donc pas automatiquement comme émettrice d'actions admissibles.

L'exonération cumulative des gains en capital s'applique-t-elle aux sociétés de portefeuille?

Généralement, les actions d'une société de portefeuille pure ne se qualifient pas comme actions de SEPE, puisque les actifs d'une telle société sont typiquement des actions d'autres sociétés plutôt que des actifs d'entreprise active utilisés directement au Canada. L'admissibilité dépend de la structure de détention précise. Lorsque la société de portefeuille détient des actions admissibles d'une société exploitante, une analyse détaillée est requise. Consultez un avocat fiscaliste avant de présumer que les actions d'une société de portefeuille se qualifient.

En quoi consiste le critère de 90 % pour l'exonération des gains en capital?

Au moment de la vente, au moins 90 % des actifs de la société (en juste valeur marchande) doivent être attribuables à des actifs d'entreprise active utilisés principalement au Canada, ou à des actions ou des titres de créance de sociétés rattachées actives. C'est le seuil de la société exploitant une petite entreprise prévu au paragraphe 248(1) de la LIR. Les placements passifs, l'encaisse excédentaire et les immeubles locatifs ne se qualifient généralement pas. Échouer à ce critère au moment de la clôture disqualifie les actions de l'ECGC.

Qu'est-ce que la PNCP et quel est son effet sur l'exonération des gains en capital?

La PNCP (Perte nette cumulative sur placements) correspond à l'excédent cumulatif des dépenses de placement sur le revenu de placement depuis 1988. Aux termes du paragraphe 110.6(4) de la LIR, la déduction de l'ECGC disponible est réduite dollar pour dollar par le solde de la PNCP du contribuable à la fin de l'année. Un solde de 60 000 $ réduit la déduction ECGC de 60 000 $. Parmi les stratégies pour réduire la PNCP : générer du revenu de placement avant la vente ou choisir soigneusement le moment de la disposition.

Puis-je réclamer l'ECGC sur un bien agricole en Ontario?

Oui. Les biens agricoles ou de pêche admissibles (BAPA) constituent l'une des deux catégories de biens visées par l'exonération cumulative des gains en capital. Pour une exploitation agricole ontarienne, les biens admissibles comprennent les terrains, les biens amortissables utilisés dans l'exploitation et les actions d'une société agricole familiale. Le même plafond cumulatif de 1 250 000 $ s'applique et est partagé avec toute réclamation relative aux actions de SEPE. Une période de détention minimale de 24 mois s'applique aux terrains acquis après le 17 juin 1987.

Comment fonctionne la cristallisation de l'exonération des gains en capital?

La cristallisation déclenche un gain en capital sur des actions par un échange d'actions ou un choix fiscal, en utilisant l'ECGC pour mettre ce gain à l'abri sans vente à un tiers. Les actions réacquises ont un prix de base rajusté plus élevé, ce qui réduit le gain imposable éventuel au moment de la vente réelle. On y recourt pour « mettre de côté » l'exonération avant une disqualification possible ou un changement législatif. L'article 84.1 représente un risque sérieux dans les opérations avec lien de dépendance et exige un examen par un spécialiste.

Comment réclamer l'exonération cumulative des gains en capital au Canada?

Déclarez le gain en capital à l'annexe 3 de la déclaration T1. Remplissez le formulaire T657 (Calcul de la déduction pour gains en capital) afin de déterminer la déduction disponible, en tenant compte des réclamations antérieures d'ECGC et de la PNCP. Remplissez le formulaire T936 si vous avez engagé des dépenses de placement depuis 1988. Réclamez la déduction à la ligne 25400 de la T1. L'ECGC n'est pas automatique — elle doit être réclamée explicitement avec les pièces justificatives appropriées.

Quelles stratégies de planification maximisent l'exonération cumulative des gains en capital?

Les trois stratégies principales sont la purification (retirer les actifs passifs au moins 24 mois avant la vente), la cristallisation (déclencher et mettre à l'abri un gain dès maintenant plutôt que d'attendre une vente à un tiers) et la multiplication (structurer l'actionnariat pour que plusieurs membres de la famille utilisent chacun leur propre ECGC de 1 250 000 $). Toutes exigent une planification précoce et des conseils juridiques spécialisés. La planification de dernière minute est rarement efficace en raison des fenêtres d'admissibilité de 24 mois.


Sources et ressources officielles

Lois fédérales citées

  1. Loi de l'impôt sur le revenu, L.R.C. (1985), ch. 1 (5e suppl.) — art. 110.6 (Déduction pour gains en capital)
  2. Loi de l'impôt sur le revenu — par. 125(7) (Définition de SPCC)
  3. Loi de l'impôt sur le revenu — par. 248(1) (Définition de société exploitant une petite entreprise)
  4. Loi de l'impôt sur le revenu — art. 84.1 (Transferts d'actions avec lien de dépendance)
  5. Loi de l'impôt sur le revenu — art. 127.5 (Impôt minimum de remplacement)

Directives et formulaires de l'ARC

  1. ARC — Ligne 25400 : Déduction pour gains en capital
  2. ARC — Quoi de neuf pour les gains en capital 2024
  3. ARC — Formulaire T657 : Calcul de la déduction pour gains en capital
  4. ARC — Formulaire T936 : Calcul de la perte nette cumulative sur placements (PNCP)
  5. ARC — Gains et pertes en capital pour agriculteurs et pêcheurs

Annonces gouvernementales

  1. Premier ministre du Canada — Annulation de la hausse proposée de l'impôt sur les gains en capital (21 mars 2025)

Contactez Hadri Law

Accéder à l'exonération cumulative des gains en capital lors de la vente d'une petite entreprise ou d'un bien admissible représente l'une des décisions de planification fiscale les plus lourdes de conséquences qu'un entrepreneur aura à prendre. L'écart entre se qualifier ou non peut dépasser 300 000 $ de produit net après impôt, et les critères d'admissibilité ne tolèrent aucune erreur.

Chez Hadri Law, notre avocate fiscaliste Martina Caunedo cumule plus de 12 ans d'expérience en fiscalité internationale, notamment en planification fiscale corporative, vérifications et oppositions auprès de l'ARC, et appels devant la Cour canadienne de l'impôt. Martina travaille directement avec les propriétaires d'entreprise pour évaluer l'admissibilité des actions de SEPE, identifier les enjeux structurels et mettre en œuvre des stratégies de purification, de cristallisation ou d'autres techniques dans les délais requis. Elle est membre du Barreau de l'Ontario (2024) et titulaire d'un LL.M. en common law canadienne de la Osgoode Hall Law School.

Si vous envisagez de vendre votre entreprise — ou si vous voulez simplement déterminer si les actions de votre société se qualifient actuellement à l'ECGC — le bon moment pour cette conversation, c'est maintenant, et non à la table de clôture.

Appelez au (437) 974-2374 pour une consultation initiale gratuite. Hadri Law sert sa clientèle en anglais, français, espagnol et catalan. Vous pouvez aussi réserver directement à calendly.com/hadrilaw/free-consultation.

Le présent article fournit des renseignements généraux sur l'exonération cumulative des gains en capital et ne constitue pas un avis juridique ou fiscal. Les règles de l'ECGC sont complexes et dépendent des faits particuliers. La situation de chaque contribuable diffère. Consultez un avocat fiscaliste ou un comptable qualifié pour discuter de vos circonstances particulières avant de prendre toute décision.

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Georjo Tabucan

Georjo Tabucan

What truly sets Nassira and Hadri Law apart is their genuine commitment to helping people. I had the benefit of experiencing Nassira’s unwavering support with my matter, and it made an enormous difference during a stress…

Stephanie McDonald

Stephanie McDonald

Nassira at Hadri Law has built a strong reputation in Toronto as a business lawyer for corporate, commercial, and M&A transactions. When my clients need help with incorporations, shareholders' agreements, and other busin…

Tricia Armstrong

Tricia Armstrong

Narissa is an exceptional lawyer who brings both professionalism and a genuine commitment to her clients. I reached out to her regarding a situation and she responded with clear, insightful feedback in under 24 hours. He…

Sachi Antkowiak

Sachi Antkowiak

Nassira is nothing short of amazing. From the very first moment I worked with her, I could tell she genuinely cared about me and my goals. She took the time to truly understand not just the legal aspects of my business b…

Rachael McManus

Rachael McManus

Hadri Law was excellent to work with! Nassira was helpful, professional, accommodating and knowledgeable. We engaged the firm to help gather documents for an out-of-country wedding. Would definitely recommend.

Chigozie Agbasi

Chigozie Agbasi

I approached Nassira of Hadri Law via Linkedln in March 2023 on our quest for a corporate legal representative. Hadri Law has never seized to impress us with their on-time approach to documents drafting and review. Most…

Steven Greene

Steven Greene

I hired Nassira to settle a legal dispute for me. Nassira was one of the best lawyers I have ever hired. She was very communicative, making sure I understood the steps we had to take to resolve the issues I had. She was…

Aseemjot Kaur

Aseemjot Kaur

The firm is very professional. It delivers work on time and does it perfectly without saying much. I connected with Nassira on LinkedIn and instantly I realized that this lady can do wonders. I would recommend everyone g…

Au service de l'Ontario et de la région du Grand Toronto

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