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Quand un investissement déclenche-t-il un examen sous la Loi sur Investissement Canada?

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Hadri LawApril 20, 20265 min read

Un investissement déclenche un examen sous la Loi sur Investissement Canada lorsqu'un non-Canadien acquiert le contrôle d'une entreprise canadienne et que la valeur de l'opération dépasse le seuil d'examen applicable — soit 1,452 milliard de dollars canadiens pour les investisseurs OMC ou 2,179 milliards pour les investisseurs de pays ayant conclu un accord commercial avec le Canada en 2026. Un examen relatif à la sécurité nationale distinct peut s'appliquer à tout investissement, peu importe sa taille.

Les investisseurs étrangers qui acquièrent des entreprises canadiennes se heurtent à un processus de filtrage réglementaire que la plupart des équipes de transaction sous-estiment jusqu'à s'y retrouver plongées. La Loi sur Investissement Canada (Investment Canada Act, ou ICA) — loi fédérale administrée par Innovation, Sciences et Développement économique Canada (ISDE) — encadre le moment et les modalités de ce filtrage.

La Loi fait fonctionner deux régimes distincts en parallèle. Le premier est l'examen de l'avantage économique : le gouvernement vérifie si votre investissement est susceptible de produire un « avantage net » pour le Canada. Le second est l'examen relatif à la sécurité nationale : le gouvernement évalue si votre investissement présente une menace pour la sécurité du Canada. Ces deux régimes ont des déclencheurs, des délais et des conséquences différents.

Le présent guide couvre les deux volets : ce qui rend un investissement assujetti à l'ICA en premier lieu, quand un avis suffit par rapport à quand un examen formel est requis, comment fonctionne le test d'avantage net, et ce que l'examen relatif à la sécurité nationale implique pour les opérations qui se situent sous les seuils d'examen économique.


La Loi sur Investissement Canada s'applique-t-elle à votre investissement?

Toute acquisition étrangère d'un actif canadien n'est pas visée par l'ICA. Trois questions méritent réponse avant même d'entamer l'analyse des seuils.

Qui est un « non-Canadien »?

L'ICA s'applique aux non-Canadiens. Un particulier est un non-Canadien s'il n'est ni citoyen canadien ni résident permanent. Une société, une fiducie, une société de personnes ou une coentreprise est non canadienne si elle n'est pas, en dernière analyse, contrôlée par des Canadiens — et le mot « en dernière analyse » compte ici. La Loi traverse les couches de propriété pour identifier la partie qui détient réellement le contrôle.

Qu'est-ce qu'une « entreprise canadienne »?

La Loi s'applique aux acquisitions de contrôle d'entreprises canadiennes. Une entreprise canadienne est une entreprise exploitée au Canada qui réunit les trois éléments suivants : un établissement au Canada, au moins un particulier au Canada qui est employé ou travailleur autonome en lien avec l'entreprise, et des actifs au Canada servant à l'exploitation de l'entreprise. Il s'agit d'un test cumulatif — les trois éléments doivent être présents simultanément.

Qu'entend-on par « acquisition de contrôle »?

Le contrôle est le pivot de tout le cadre de l'ICA. La Loi établit des règles claires :

  • Intérêt majoritaire avec droit de vote (plus de 50 %) : Constitue toujours une acquisition de contrôle.
  • Un tiers ou plus des actions avec droit de vote : Présumé constituer une acquisition de contrôle — mais l'investisseur peut renverser cette présomption en démontrant qu'il ne contrôle pas la société en fait par cette participation.
  • Moins du tiers des actions avec droit de vote : Réputé ne pas constituer une acquisition de contrôle. Les participations minoritaires sous le seuil du tiers ne déclenchent pas l'examen d'avantage net.
  • Acquisitions d'actifs : Acquérir la totalité ou la quasi-totalité des actifs servant à l'exploitation d'une entreprise canadienne constitue aussi une acquisition de contrôle, même sans opération sur actions.

La présomption réfutable liée au seuil du tiers a une portée pratique importante. Si un investisseur étranger prend une participation de 35 % dans une société canadienne à actionnariat dispersé et peut démontrer qu'aucun actionnaire unique n'exerce le contrôle, il peut être en mesure d'établir qu'aucune acquisition de contrôle n'a eu lieu.

Qu'en est-il de l'établissement d'une nouvelle entreprise?

Établir une nouvelle entreprise canadienne n'équivaut pas à en acquérir une existante. Les nouveaux établissements d'entreprise exigent un avis, mais ne sont généralement pas assujettis à l'examen d'avantage net — à une exception notable près : les nouvelles entreprises culturelles peuvent faire l'objet d'un examen par décret dans les 21 jours suivant la réception par le gouvernement d'un avis complet.

Opérations exclues de l'ICA

Certaines opérations sont entièrement exclues du champ d'application de l'ICA, notamment :

  • Les réorganisations internes d'entreprise qui n'entraînent aucun changement de contrôle ultime
  • La réalisation d'une sûreté par un créancier garanti (exercice de droits sur une garantie portant sur une entreprise canadienne)
  • Les transferts successoraux de bonne foi
  • Les acquisitions assujetties à un examen au titre d'une autre loi fédérale canadienne, comme la Loi sur les banques

L'expansion d'une entreprise existante, ou l'établissement d'une nouvelle entreprise connexe dans un secteur non visé, est aussi exempté à la fois de l'obligation d'avis et d'examen.


Avis ou examen d'avantage net : lequel s'applique sous la Loi sur Investissement Canada?

Une fois l'application de l'ICA établie, la question suivante concerne la voie à emprunter : avis seulement ou demande d'examen complète.

Les deux voies

L'avis est l'obligation la plus légère. Vous déposez un avis auprès d'ISDE dans les 30 jours suivant la clôture de l'opération. ISDE dispose ensuite de 21 jours pour confirmer si l'investissement est sujet à examen. Aucune approbation gouvernementale n'est requise avant la clôture.

La demande d'examen est la voie plus exigeante. Vous devez déposer avant la clôture, et vous ne pouvez pas finaliser l'opération tant que le gouvernement ne l'a pas approuvée. Le gouvernement dispose de 45 jours après la réception d'une demande complète pour rendre sa décision — mais cette période est fréquemment prolongée par entente lorsque l'examen exige plus de temps.

Seuils d'examen 2026 sous la Loi sur Investissement Canada

Que votre opération relève de l'avis seulement ou d'un examen complet dépend de la valeur de l'opération par rapport aux seuils applicables. Ces seuils augmentent annuellement en fonction de l'évolution du PIB nominal du Canada et sont confirmés chaque année par le gouvernement.

Pour 2026 :

Type d'investisseur Seuil 2026 Base de mesure
Investisseurs visés par un accord commercial (non société d'État) 2,179 G$ CA Valeur d'affaire
Investisseurs membres de l'OMC (non société d'État, non accord commercial) 1,452 G$ CA Valeur d'affaire
Sociétés d'État OMC 578 M$ CA Valeur comptable des actifs
Investisseurs hors OMC 5 M$ CA (direct) / 50 M$ CA (indirect) Valeur comptable des actifs
Entreprises culturelles (tout investisseur étranger) 5 M$ CA (direct) / 50 M$ CA (indirect) Valeur comptable des actifs

À titre de repère, les seuils 2025 étaient de 2,079 G$ CA pour les investisseurs d'accords commerciaux, 1,386 G$ CA pour les investisseurs privés OMC, et 551 M$ CA pour les sociétés d'État OMC — ce qui confirme la tendance haussière d'une année à l'autre.

Les investisseurs visés par un accord commercial sont contrôlés depuis des pays ayant conclu un accord de libre-échange avec le Canada, notamment l'ACEUM (Canada-États-Unis-Mexique), le PTPGP et l'AECG. Ces investisseurs bénéficient des seuils les plus élevés.

Les investisseurs OMC proviennent de pays membres de l'Organisation mondiale du commerce qui ne sont pas parties aux accords de libre-échange du Canada. Ils bénéficient du seuil intermédiaire.

Les sociétés d'État font face à des seuils plus bas et à un examen renforcé, indépendamment de leur statut OMC. Une entité est traitée comme société d'État lorsqu'elle est contrôlée ou influencée par un gouvernement étranger. Les sociétés d'État actives dans les sables bitumineux et les minéraux critiques font l'objet d'un examen particulièrement soutenu.

Les investisseurs hors OMC et les entreprises culturelles font face aux seuils les plus bas — 5 M$ CA pour les acquisitions directes — ce qui signifie que même des acquisitions étrangères modestes dans ces catégories exigent un examen préalable à la clôture.

Calcul de la valeur d'affaire et de la valeur comptable

La base de mesure importe parce qu'elle détermine si une opération est sujette à examen.

La valeur d'affaire (utilisée pour les investisseurs privés OMC et d'accords commerciaux) se calcule en vertu du Règlement sur Investissement Canada (articles 3.3 à 3.5) et varie selon que l'opération porte sur des actions cotées en bourse, des actions non cotées, ou des achats d'actifs. Elle tient compte de la valeur des capitaux propres, des passifs et des primes d'acquisition.

La valeur comptable des actifs (utilisée pour les sociétés d'État et les investisseurs hors OMC) est tirée du bilan de l'entreprise canadienne visée au dernier exercice complet précédant l'acquisition.

La distinction est significative : une entreprise canadienne dont la valeur comptable des actifs est modeste peut néanmoins afficher une valeur d'affaire substantielle en raison de l'achalandage, de la position de marché et des revenus futurs — ce qui peut pousser une opération en zone d'examen pour les investisseurs OMC alors que la valeur comptable seule ne l'aurait pas fait.

Qu'en est-il des acquisitions indirectes?

Pour les investisseurs OMC, les acquisitions indirectes — acquérir une société étrangère qui détient une filiale canadienne — sont assujetties à l'avis mais non à l'examen d'avantage net. Cette exemption ne s'applique pas aux entreprises culturelles.


Le test d'avantage net : comment le gouvernement évalue votre investissement

Lorsque votre opération est assujettie à un examen formel, le gouvernement évalue si elle est « susceptible de représenter un avantage net pour le Canada ». Cette évaluation est régie par l'article 20 de la Loi sur Investissement Canada.

Les six facteurs prévus par la Loi

Le Ministre n'applique pas de formule. Il pondère plutôt tous les facteurs pertinents et agrège les résultats. La Loi ne fixe aucune pondération — les facteurs moins pertinents pour une opération donnée peuvent peser moins dans cet examen précis. Les six facteurs sont :

1. Effet sur l'activité économique au Canada L'incidence de l'investissement sur les niveaux d'emploi, la transformation des ressources, l'utilisation de pièces, composants et services de fabrication canadienne, et les exportations canadiennes. C'est habituellement le facteur le plus documenté — on s'attend à ce que les investisseurs soumettent des projections.

2. Importance de la participation canadienne Le degré d'implication des Canadiens dans la propriété et l'exploitation de l'entreprise après l'acquisition. Une propriété étrangère assortie d'une direction canadienne et d'actionnaires minoritaires canadiens est vue plus favorablement qu'une prise de contrôle étrangère totale sans participation canadienne à aucun niveau.

3. Productivité, efficacité industrielle, développement technologique et innovation Si l'investissement apporte de nouvelles technologies, améliore l'efficacité opérationnelle, fait progresser le développement de produits, ou influe sur la propriété intellectuelle au Canada. Depuis les modifications apportées par le projet de loi C-34 (en vigueur depuis septembre 2024), ce facteur inclut expressément l'incidence de l'investissement sur les droits de propriété intellectuelle financés par le gouvernement et la protection des renseignements personnels des Canadiens.

4. Effet sur la concurrence au Canada La dynamique concurrentielle au sein de l'industrie canadienne pertinente après l'investissement. Une opération qui accroît la concentration dans un marché déjà concentré peut faire l'objet d'un examen plus rigoureux ici, même si la démonstration d'avantage net est solide par ailleurs.

5. Compatibilité avec les politiques nationales industrielles, économiques et culturelles Dans quelle mesure l'investissement s'aligne sur les priorités gouvernementales. Ce facteur inclut maintenant expressément l'incidence sur la protection des renseignements personnels des Canadiens — une reconnaissance du fait que les acquisitions à forte composante de données soulèvent des enjeux de politique distincts.

6. Contribution à la capacité du Canada de concurrencer sur les marchés mondiaux Si l'investissement renforce la position globale de l'industrie canadienne. Les intégrations transfrontalières qui élargissent la capacité d'exportation ou apportent un savoir-faire international à une entreprise canadienne peuvent peser positivement ici.

Comment fonctionne l'évaluation d'avantage net en pratique

Le point de départ est contrefactuel : qu'adviendrait-il de cette entreprise canadienne sans l'acquisition? Le Ministre établit une base de référence puis mesure les effets attendus de l'investissement — positifs et négatifs — contre chacun des six facteurs.

Les investisseurs doivent soumettre une demande d'examen qui traite de tous les facteurs pertinents et qui fournit la documentation à l'appui : projections financières, plans d'emploi, organigrammes, engagements en recherche et développement, et éléments démontrant comment l'entreprise canadienne sera exploitée après l'acquisition.

Lorsque le gouvernement cerne des préoccupations relatives à certains facteurs, il négociera habituellement des engagements contraignants — des engagements juridiquement exécutoires que l'investisseur doit respecter après la clôture. Parmi les engagements courants : maintenir les niveaux d'emploi à des installations nommées, garder le siège social canadien au Canada, s'engager à respecter des cibles précises de dépenses en R&D, et maintenir les relations avec les fournisseurs canadiens. La rupture d'engagements peut entraîner des pénalités ou des ordonnances de dessaisissement.

La période d'examen légale de 45 jours est fréquemment prolongée par entente. Ces dernières années, la durée moyenne d'un examen d'avantage net s'est située entre 69 et 102 jours. Les opérations complexes dans des secteurs sensibles peuvent prendre considérablement plus de temps.

Les rejets purs et simples demeurent rares. La plupart des investissements sont approuvés, soit sans condition, soit sous réserve d'engagements. Des exceptions notables existent — la détermination préliminaire de non-avantage rendue en 2010 contre l'acquisition proposée par BHP Billiton de Potash Corporation of Saskatchewan (après laquelle BHP a retiré son offre) est l'exemple canadien le plus marquant — mais ces cas demeurent l'exception.

Il n'y a pas de frais de dépôt sous l'ICA, ce qui est remarquable par rapport à certains autres régimes de filtrage des investissements étrangers.


Examen relatif à la sécurité nationale : le régime sans seuil monétaire

L'évaluation d'avantage net décrite précédemment ne s'applique que lorsque la valeur de l'opération dépasse le seuil pertinent. L'examen relatif à la sécurité nationale est différent sur un point fondamental : il s'applique à tout investissement par un non-Canadien, peu importe sa taille, peu importe que l'investisseur acquière le contrôle, et peu importe que l'entreprise soit par ailleurs visée par l'ICA.

Cela compte énormément pour les opérations qui tombent sous les seuils d'avantage net.

Ce qui déclenche l'examen de sécurité nationale

Les lignes directrices mises à jour publiées en mars 2025 identifient les types d'investissement qui soulèvent des préoccupations de sécurité nationale. Le gouvernement cible les investissements susceptibles d'affecter :

  • Les infrastructures essentielles, y compris les systèmes énergétiques, l'eau, les transports et l'infrastructure financière
  • Les capacités de défense et de renseignement du Canada
  • Les technologies figurant sur la Liste des technologies sensibles du Canada (mise à jour en mars 2025 pour remplacer l'annexe précédente)
  • La chaîne d'approvisionnement en minéraux critiques — un domaine prioritaire compte tenu de l'importance stratégique des métaux pour batteries, des terres rares et d'autres minéraux pour la sécurité économique du Canada
  • Le transfert de technologies ou de connaissances sensibles à des acteurs étrangers
  • Les investissements qui créent des risques de surveillance étrangère ou qui permettent à des acteurs étatiques étrangers de surveiller les Canadiens
  • Les données personnelles sensibles des Canadiens
  • La sécurité économique par l'intégration d'une entreprise canadienne à l'économie d'un État étranger

La révision des lignes directrices de mars 2025 a officialisé la sécurité économique comme composante de la sécurité nationale — une expansion importante que les investisseurs d'opérations transfrontalières devraient noter.

Le problème des délais pour les opérations sans dépôt

Lorsqu'un avis ou une demande d'examen est déposé, le gouvernement dispose de 45 jours à compter de la réception pour lancer un examen relatif à la sécurité nationale. Le dépôt démarre le compte à rebours et offre une certitude.

Lorsqu'aucun dépôt n'est fait — parce que l'opération se situe sous le seuil d'avantage net et que l'investisseur fait l'impasse sur un avis volontaire — le gouvernement peut lancer un examen relatif à la sécurité nationale à tout moment dans les cinq ans suivant la mise en œuvre de l'investissement. Cette fenêtre de cinq ans représente un risque substantiel et persistant pour les opérations dans des secteurs sensibles sans dépôt.

Une fois un examen relatif à la sécurité nationale lancé, les parties ne peuvent pas clore (ou doivent défaire l'opération si elle est déjà close), et la période d'examen peut s'étendre à 200 jours ou plus.

Obligations de dépôt préalable à la clôture à venir

Les modifications à l'ICA dont l'entrée en vigueur est attendue en 2026 introduiront des obligations de dépôt préalable à la clôture pour certains investissements dans des secteurs sensibles, peu importe la taille de l'opération. Les secteurs pressentis incluent les entreprises actives dans les minéraux critiques, les infrastructures essentielles, les technologies avancées, les technologies militaires ou de défense, et les entreprises qui manipulent des données personnelles sensibles des Canadiens. Ces modifications réduiront la dépendance aux avis volontaires pour les besoins de sécurité nationale, mais ajouteront une nouvelle obligation de conformité pour les opérations dans ces secteurs.

Conséquence pratique : envisager des avis volontaires pour les secteurs sensibles

Même si votre opération se situe sous le seuil d'examen d'avantage net, un avis volontaire dans un secteur sensible déclenche le compte à rebours de 45 jours pour la sécurité nationale et élimine l'exposition sur cinq ans. C'est généralement la voie prudente pour les acquisitions étrangères d'entreprises technologiques, d'infrastructures essentielles, d'entreprises à forte composante de données, et de toute entreprise ayant des liens avec la défense ou le renseignement.


Conseils pratiques pour les investisseurs étrangers qui naviguent dans l'ICA

Déterminez votre classification d'investisseur tôt

Que vous soyez un investisseur d'accord commercial, un investisseur OMC ou une société d'État détermine le seuil qui s'applique à votre opération. Cette analyse doit avoir lieu en diligence raisonnable préliminaire, pas au moment de la signature.

Calculez la bonne valeur

La base de mesure — valeur d'affaire ou valeur comptable des actifs — varie selon le type d'investisseur, et la méthodologie de chacune est prescrite par le Règlement sur Investissement Canada. Des erreurs de calcul peuvent mener à des décisions de dépôt erronées aux conséquences graves. En cas de doute, calculez les deux et déposez de façon proactive.

Ne manquez pas les échéances de dépôt

Les avis doivent être déposés dans les 30 jours suivant la clôture. Les demandes d'examen doivent être déposées avant la clôture, et la clôture ne peut avoir lieu tant que le gouvernement n'approuve pas. Rater une échéance peut entraîner des pénalités sous l'ICA.

Préparez les engagements de manière proactive

Si votre opération dépasse le seuil applicable, attendez-vous à négocier des engagements contraignants. Commencez à les rédiger avant le dépôt de la demande. Des engagements complets et réalistes sont plus convaincants que des engagements minimaux ou aspirationnels. Les investisseurs qui affichent un engagement clair et crédible envers l'emploi canadien, la gouvernance et l'exploitation ont généralement des examens plus fluides.

Traitez la dimension de sécurité nationale séparément

L'examen relatif à la sécurité nationale est une analyse distincte de l'avantage net. Même une opération qui passera clairement le test d'avantage net peut faire l'objet d'un examen de sécurité nationale si elle touche aux technologies sensibles, aux infrastructures essentielles ou aux données. Traitez les deux régimes comme des voies parallèles, pas comme des étapes séquentielles.

Retenez des conseillers en F&A expérimentés tôt

L'ICA n'est pas un exercice de liste de contrôle. L'évaluation d'avantage net est qualitative et discrétionnaire. La façon dont vous présentez les bénéfices de l'investissement, les engagements que vous proposez, la façon dont vous répondez aux demandes de renseignements du gouvernement — tout cela influence à la fois le résultat et l'échéancier d'un examen. Un conseiller en F&A expérimenté qui a navigué des examens ICA représente un atout considérable dans une opération complexe.


Questions fréquentes sur l'examen sous la Loi sur Investissement Canada

Qu'est-ce que la Loi sur Investissement Canada?

La Loi sur Investissement Canada est une loi fédérale qui encadre l'investissement étranger dans les entreprises canadiennes. Elle exige des non-Canadiens qui acquièrent le contrôle d'une entreprise canadienne qu'ils avisent le gouvernement ou obtiennent une approbation préalable à la clôture. Pour les opérations d'envergure, le gouvernement évalue l'avantage net pour le Canada. Pour toute opération, quelle que soit sa taille, le gouvernement peut aussi examiner l'investissement sous l'angle de la sécurité nationale.

Qui doit déposer sous la Loi sur Investissement Canada?

Tout non-Canadien qui acquiert le contrôle d'une entreprise canadienne — ou qui établit une nouvelle entreprise canadienne — doit déposer soit un avis, soit une demande d'examen. Le type de dépôt requis dépend de la valeur de l'investissement par rapport aux seuils applicables et du pays d'origine de l'investisseur.

Quel est le seuil d'examen sous la Loi sur Investissement Canada pour 2026?

Les seuils 2026 pour les acquisitions directes sont les suivants : 2,179 G$ CA (valeur d'affaire) pour les investisseurs d'accords commerciaux; 1,452 G$ CA (valeur d'affaire) pour les investisseurs OMC; 578 M$ CA (valeur comptable des actifs) pour les sociétés d'État OMC; et 5 M$ CA (valeur comptable des actifs) pour les investisseurs hors OMC et les entreprises culturelles. Les seuils sont ajustés annuellement en fonction de la croissance du PIB nominal.

Qu'est-ce que le test d'avantage net sous l'ICA?

Le test d'avantage net est l'évaluation par le gouvernement de la question de savoir si un investissement étranger est susceptible de profiter au Canada. Le Ministre pondère six facteurs sous l'article 20 de l'ICA : incidences sur l'activité économique, participation canadienne, productivité et innovation, concurrence, compatibilité avec les politiques nationales, et compétitivité mondiale du Canada. Les investisseurs doivent présenter des éléments probants qui traitent de chaque facteur.

Le gouvernement peut-il bloquer un investissement étranger sous l'ICA?

Oui. Le gouvernement peut rejeter un investissement qui ne satisfait pas à la norme d'avantage net ou bloquer tout investissement pour des motifs de sécurité nationale, y compris ordonner un dessaisissement. En pratique, les rejets d'avantage net sont rares — la plupart des opérations sont approuvées avec des engagements contraignants — mais le pouvoir existe et a été exercé.

La Loi sur Investissement Canada s'applique-t-elle aux petits investissements?

L'examen d'avantage net comporte des seuils monétaires, de sorte que les petites acquisitions OMC n'exigent généralement qu'un avis. L'examen relatif à la sécurité nationale, en revanche, s'applique aux investissements de toute taille, y compris les participations minoritaires. C'est ce qui fait de la sécurité nationale la préoccupation ICA la plus importante pour les investissements de moindre envergure dans des secteurs sensibles comme la technologie ou les infrastructures essentielles.

Combien de temps dure un examen ICA?

Le gouvernement dispose de 45 jours après une demande d'examen complète pour rendre sa décision d'avantage net, fréquemment prolongés par entente. Les examens d'avantage net moyens se sont situés entre 69 et 102 jours ces dernières années (selon les rapports annuels d'ISDE pour 2023-2024 et 2024-2025). Les examens de sécurité nationale peuvent s'étendre à 200 jours ou plus et interdisent la clôture tant qu'ils ne sont pas terminés.

Que sont les engagements sous la Loi sur Investissement Canada?

Les engagements sont des promesses contraignantes que l'investisseur prend envers le gouvernement comme condition d'approbation sous l'ICA. Ils sont juridiquement exécutoires — une rupture peut entraîner des pénalités substantielles ou une ordonnance de dessaisissement. Les engagements courants portent sur les niveaux d'emploi, l'emplacement du siège social canadien, les dépenses en R&D, la représentation au conseil, et la continuité opérationnelle.


Sources et ressources officielles

Lois fédérales citées

  1. Loi sur Investissement Canada, LRC 1985, c 28 (1er suppl.) — Texte complet
  2. Loi sur Investissement Canada — Article 20, facteurs d'avantage net

Ressources officielles du gouvernement 3. ISDE — Seuils de la Loi sur Investissement Canada (2026) 4. ISDE — Lignes directrices mises à jour sur l'examen relatif à la sécurité nationale (mars 2025) 5. ISDE — Foire aux questions sur la Loi sur Investissement Canada 6. ISDE — Rapport annuel 2024-2025 7. ISDE — Rapport annuel 2023-2024 8. Canada.ca — Document d'information mis à jour : Loi modifiant la Loi sur Investissement Canada (projet de loi C-34)


Contactez Hadri Law

Si vous envisagez d'acquérir une entreprise canadienne et devez déterminer si votre investissement déclenche un examen sous la Loi sur Investissement Canada — ou si vous préparez une demande et naviguez l'évaluation d'avantage net — la pratique en droit des affaires internationales de Hadri Law peut vous accompagner dans le processus.

Nassira El Hadri, fondatrice de Hadri Law et avocate en fusions et acquisitions, droit des sociétés et droit commercial admise au Barreau de l'Ontario, conseille des investisseurs étrangers et des sociétés canadiennes sur les acquisitions transfrontalières, les dépôts sous l'ICA et les opérations complexes de F&A. Hadri Law est établie à First Canadian Place, dans le quartier financier de Toronto.

Appelez au (437) 974-2374 pour une consultation gratuite. Nous servons notre clientèle en français, en anglais, en espagnol et en catalan.


Le présent article fournit des renseignements généraux et ne constitue pas un avis juridique. Chaque situation est unique. Communiquez avec un avocat pour discuter de votre situation particulière.

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